A propos du mot occitan

Pubblichiamo di seguito un interessante testo di introduzione a una delle tante edizioni de "Lou Tresor dòu Felibrige" di Frederì Mistral, dove viene chiaramente spiegata l'origine storica del termine "occitano" e "occitania", coniati in lingua latina dall'amministrazione francese dopo l'annessione della Contea di Tolosa da parte del Re di Francia quindi di provenienza esterna rispetto alla tradizione e al mondo delle lingue d'oc. L'autore di questo testo invita a riflettere dunque sull'opportunità di assumere tali termini e denominazioni per indicare le lingue d'oc e i loro territorio. "Quelques explications supplémentaires me paressaint indispensables pour éclairer ce mot. L'audience qu'onlui accord depuis une cinquantine d'années a pour origine le désir, fort légitimeen soi, d'affirmer, au moyen d'un terme indipéndant de tout dialecte, l'unité linguistique du Midi de la France. Le terme de Provençal utilisé depuis l'époque des Troubadours pour désigner l'ensemble des parlers d'oc et auquel Mistral avait redonnè un lustre incomparabile avait, aux yeux de certains, le tort de magnifier un dialecte. Malheuresement en le remplaçant par celui d'oucitan ou d'occitan le problème a été déplacé, non résolu, car, nous allons le montrer, le mot occitan n'a jamais concerné que la province appelée depuis l'annexion française Languedoc, si bien que dire occitan ou languedocien revient exactement au même. Dans ces conditions, il nous paraît légitime et tout à fait souhaitable de garder au terme de Provençal la place que lui mérite un usage ininterrompu remontant au XIIe siècle. Quant aux mots occitan et occitanie, on ne peut en saisir le sens réel que par l'étude de leur origine. Avant toutes choses notons qu'aucun troubadour, aucun scribe du Midi de la France écrivant dans sa prope langue n'a jamais usé pour la qualifier du terme d'occitan. Les écrivains italiens, castillans, catalans, galiciens ou lusitaniens des XIIe, XIIIe, XIVe siècles ignorent de leur côté ce qualificatif et parlent, comme les troubadours, de roman, de provençal, de limousin pour désigner la langue du Midi de la France.Les uns et les autres ignorent ègalement l'usage de la particule OC comme qualificatif linguistique. C'est-dire que l'expression lenga occitana est de création récente. Les troubadours ne la connaissent pas, non plus que les ecrivains provençaux ou toulousains des XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles. Quand Pierre Goudouli, de Toulouse, veut qualifier son dialecte il le nomme langue mondine: l'abbé de Sauvages intitule son dictionnaire: Languedocien-Français et le docteur Honnorat: Provençal-Français. Mais si le terme occitan est inusité parmi les ecrivains de langue d'oc , on le rencontre depuis le XVIIe siècle sous la forme latine occitana etsous la forme française occitanien emplyoé uniquement par des érudites qui écrivent en français ou en latin. Ainsi Catel, l'historien toulousain qui écrit en latin ou en français, mais jamais en languedocien, use du terme lingua occitana, là où son compatriote Goudouli, qui, lui, connaît et écrit sa langue maternelle, dit: lengo mondino, rendant ainsi hommage aux Raymonds, comtes de Toulouse. Les mots occitana et occitania semblent donc bien être de tradition française. Ce qui est très naturel si nous considérons leur origine. En effet les mots lingua occitana et occitania apparaissent pour la première fois à la fin du XIIIe siècle, après la chute du comté de Toulouse,dans des actes français ou pontificaux. On sait que le malheureux Raymond VII de Toulouse fut obligé en 1229 de signor le traité de Paris qui prévoyait le marriage de sa fille Jeanne avec un frère de Saint Louis et, en cas de défaut d'héritier, stipulait le remise du Comté de Toulouse entre les mains du roi de France. Alphonse de Poitiers et Jeanne de Toulouse étant morts sans enfants,en 1271,Philippe leardi s'empara donc des états de la comtesse Jeanne et y installa son administration. Ses officiers royaux originaires du nord, les clercs de l'inquisition, retinrent comme caracteristique du langage parlè par leurs administrés le oc qui correspondait au öil de leur propre langue. Suivant l'usage de l'époque la cancellerie royale française habillé d'une surprenante forme latine la particule oc pour en tirer l'adjectif occitanus, refrancisé à notre époque en occitan. La cancellerie pontificale suivit le même procédé ainsi que le rois d'Angleterre quand ils furent maîtres de l'Agenais et du Quercy. Les textes abondent qui montrent l'origine française ou ecclésiastique des expressions lingua occitana et occitania. Le pape Innocent IV (1242-1254), un des premiers parle de occitania dans ses lettres; les commissaires de Philippe le Bel qui rédigèrent l'arrêt sanè des coûtumes de Toulouse se déclarent Ad partes linguae occitanae pro reformatione patriae designati et stipulent que leur règlement est valable in tota lingua occitaniae. Louis le Hutin use également du terme lingua occitana en 1315, suivi en cela par Edoard III d'Angleterre en 1347. Vers le même époque le lieutenant du roi, Jean d'Armagnac,se déclarera (1356) locum tenens Domini Nostri Regis in tota lingua occitaniae et dénombrera les sénéchaux de la lingua occitaniae: ceux de Toulouse, Fracassone, Beaucaire, Rodez, Cahors, et Bigorre; autrement dit l'ancien comté de Toulouse. Au temps de l'indèpendance Raymond VI de Toulouse disait tout simplement lenga nostra , comme les Provençaux disent ancore lengo nosto. Ces textes attirent une remarque: les termes lingua occitania ou occitania ne désignet absolument pas les parler d'oc , mais la terre d'oc et visent à eliminer la notion même de Comté de Toulouse. C'est là l'usage classique du mot lingua au Moyen Age. Notons au passage que les conquérants ont utilisé une méthode qui sera bien souvent imitée: elle consiste à imposer aux vaincus une dénomination nouvelle de leur patrie dans l'espoir de voir disparaître toute conscience nationale. Il est donc bien établi que l'adjectif occitana ou le nom Occitania sont des vocables créés par l'administration française et par les clercs pour dèsigner l'ancienne province de Languedoc, annexèe par la monarchie capétienne. Notre langue romane ou provençale me semble suffisament riche en termes authentiques et qui plongent aux racines mêmes de notre civilisation et de notre culture mèridionale pour qu'elle n'ait pas a emprunter son propre nom au pseudo-vocabulaire latin de la cancellerie française du Moyen Age."
Da "Lou Tresor dòu Felibrige ou Dictionnaire Provençal - Français, Ed. CULTURE PROVENCALE ET MERIDIONALE , MARCEL PETIT, Raphèle-lès-Arles, 1979