Dibattito all'Assemblèe Nationale sulle lingue regionali

In data 7 maggio 2008 presso l'Assemblée Nationale del Parlamento francese si è svolto un importante dibattito sulle lingue regionali di Francia, ben 75 espressioni linguistiche altre rispetto alla lingua francese, il cui riconoscimento ufficiale e giuridico stenta ad arrivare da parte della Repubblica transalpina. Il nodo fondamentale del dibattito ormai in corso da anni e che solo ora approda ufficialmente in Parlamento è l'articolo 2 della Costituzione francese che dal 1992 recita "La langue de la République est le français" negando in tal modo ogni possibile riconoscimento alle altre espressioni linguistiche presenti sul territorio.
Gli spunti più interessanti del discorso del Ministro Christine Albinel, che vi riportiamo di seguito, sono: un sostanziale riconoscimento formale da parte del Governo alle lingue regionali, l'importanza del plurilinguismo e il fatto che il Ministroparli di "langues d'oc" al plurale e non di "lingua d'oc", accogliendo così di fatto la tesi secondo cui esistono più lingue d'oc che difendono le proprie differenze e particolarità facendo parte parte di una stessa famiglia e non un'unica lingua d'oc come vorrebbero gli "occitanisti" e il Felibrige.
"MmeChristine Albanel, ministre de la culture et de la communication ... En janvier dernier, lors de la révision constitutionnelle qui devait permettre la ratification du traité de Lisbonne, le Gouvernement avait pris l'engagement d'organiser un débat sur les langues régionales de France en réponse à une demande exprimée par nombre d'entre vous. Malgré un ordre du jour particulièrement chargé, cet engagement est aujourd'hui tenu et je m'en félicite. C'est la première fois depuis le début de la Ve République qu'un gouvernement prend l'initiative d'organiser un débat sur ce sujet. La place des langues régionales dans notre vie culturelle et dans notre société a toujours prêté matière à controverse. Il ne faut ni s'en étonner ni s'en plaindre, car on touche à l'essence de l'identité française et de la nation. Parce qu'elles entretiennent les rapports les plus étroits avec la façon dont nous vivons ensemble, les langues jouent un rôle de catalyseur. Ce débat est l'occasion de réaffirmer solennellement l'attachement de notre pays à son patrimoine linguistique. Si l'on retient, comme le font les linguistes, l'appellation de "langues de France" pour désigner les langues parlées depuis plusieurs générations par des citoyens français sur le territoire de la République, on ne recense pas moins de 75 langues différentes en France. Nul autre pays ne peut se targuer d'une telle richesse. Parmi ces langues, les langues régionales ont le privilège d'avoir une assise territoriale depuis plusieurs siècles. Elles font partie intégrante de l'histoire et de la géographie de notre pays. Elles sont notre bien commun, avec le français, et participent à notre richesse et à notre rayonnement. On peut en tirer une légitime fierté. La diversité de ces langues est le miroir même de la diversité française. Songeons seulement à la si originale langue basque, présente sur notre territoire bien avant le latin et le gaulois. Songeons au breton, venu de Grande-Bretagne au Ve siècle, et qui est la seule langue du groupe celtique encore parlée sur le continent. Songeons aussi au flamand, au francique, à l'alsacien, au corse, à toutes les langues d'oïl et d'oc. Songeons enfin, outre-mer, à ces langues amérindiennes dont l'ancienneté est immémoriale et qui côtoient, en Guyane, un créole en formation depuis seulement quatre cents ans. La France a été façonnée par des hommes et des femmes parlant des langues très diverses, germaniques, celtiques, romanes, et même des langues qui ne sont pas indo-européennes. C'est une réalité qu'on a tendance à oublier ou à occulter: le grand chant national est un chant à plusieurs voix. Ils parlaient provençal et breton, les cinq cents Marseillais et les trois cents Brestois qui ont pris d'assaut les Tuileries, le 10 août 1792, abolissant la monarchie et ouvrant un chemin triomphant à la République! Avec ses ombres et ses lumières, l'Histoire a fait son œuvre. Notre pays a connu un processus d'unification linguistique sans équivalent dans le monde. Point d'aboutissement, un amendement à la Constitution a fait du français, en 1992, la langue officielle de la République, alors qu'aucun texte ne le prévoyait jusque-là. Deux ans plus tard était adoptée la loi Toubon, relative à l'usage de la langue française. Grâce à ces deux textes, qui offrent les meilleures garanties juridiques, la langue nationale continue à tenir son rôle symbolique dans notre pays, mais aussi sa mission culturelle et son irremplaçable fonction de ferment de la cohésion sociale. Nous ne sommes plus au temps où les écoliers corses ou alsaciens étaient punis pour avoir prononcé en classe quelques mots dans leur langue. Mais il faut reconnaître que les langues dites régionales ont souffert de ce processus d'unification, parfois proche d'un culte de la langue unique. La généralisation du français dans un pays où la moitié des citoyens ne maîtrisaient pas cette langue, ce beau programme émancipateur cher aux hommes de la Révolution et mis en œuvre par la Troisième République, n'a pas été pour rien dans le lent recul des langues régionales en France. Moins de 10% des Français pratiquent aujourd'hui une langue régionale de façon régulière, et les langues de France ne se transmettent plus guère dans le cadre familial. On peut le déplorer, mais c'est un fait. En 1999, seul un Français sur quatre avait reçu de ses parents une langue autre que le français, et un Français sur huit une langue régionale. Au sein de cette minorité, seul un Français sur trois avait à son tour transmis cette langue à ses enfants. Si la pluralité des langues est une réalité objective et constitutive de notre identité, c'est aussi une réalité menacée en France. Nous avons pris conscience de cette menace depuis plusieurs décennies, et nous portons aujourd'hui un regard nouveau sur la pluralité culturelle dont est pétrie l'identité française. Pourquoi l'apprentissage du français supposerait-il de désapprendre d'autres langues? Et à quel titre la langue commune devrait-elle être la langue unique des Français? L'heure est au pluralisme. En matière de langage, la société française se transforme à vive allure, dans ses pratiques comme dans ses représentations. La demande sociale, dont beaucoup d'entre vous se font l'écho, ne saurait être sous-estimée. Le patrimoine immatériel, la force vivante mais menacée que sont les langues de France, exigent un effort de sauvegarde et de valorisation. C'est le rôle des pouvoirs publics que de le conduire, et le Gouvernement s'y engage. L'effort doit principalement porter sur l'enseignement, les médias et l'action culturelle, qui sont les principaux vecteurs de vitalité et les meilleures garanties d'avenir pour des langues dont la transmission n'est quasiment plus assurée sur le mode traditionnel, c'est-à-dire par l'intermédiaire de la famille et du milieu d'origine. Comme mon collègue Xavier Darcos pourrait le confirmer, les langues régionales ont toute leur place dans notre système éducatif. Selon une enquête réalisée par la direction générale de l'enseignement scolaire, 404 000 élèves ont reçu en 2005 et 2006 un enseignement de langue régionale. Ces effectifs ont augmenté de façon spectaculaire, puisqu'ils ont décuplé en quinze ans et triplé au cours des cinq dernières années. M.François Goulard ... C'est un signe! MmeChristine Albanel, ministre de la culture ... Il y a en effet une réelle attente des familles et des plus jeunes. Dans le premier degré, près de 9 000 professeurs ont dispensé un enseignement en basque, breton, catalan, corse, créole, alsacien, francique mosellan, langues d'oc, ou encore tahitien. Des CAPES ont été créés pour le second degré, où 621 professeurs se consacrent à temps partiel ou à plein temps à l'enseignement des langues régionales. Tous ces personnels bénéficient d'un accompagnement, essentiellement sous forme d'actions de formation. L'enseignement des langues et cultures régionales peut prendre deux formes différentes: des cours centrés sur l'apprentissage de la langue elle-même, ou bien une filière bilingue spécifique, où les cours sont dispensés pour moitié dans la langue régionale et pour moitié en français. La loi d'orientation et de programme du 23 avril 2005, dite loi "Fillon", précise par ailleurs que le développement et la valorisation des langues régionales doivent s'inscrire dans le cadre d'un partenariat étroit avec les collectivités territoriales sous forme de conventions. Il faut saluer l'implication de plus en plus forte des collectivités, qui ont contribué pour plus de trois millions d'euros à des actions de diffusion et d'enseignement en 2005-2006. Présentes dans les cursus scolaires, les langues régionales le sont aussi dans les médias. Le Gouvernement veille à ce qu'aucun règlement n'entrave la libre expression des langues régionales, et les publications écrites peuvent également obtenir un agrément auprès de la commission paritaire des publications et agences de presse, afin de bénéficier d'allégements fiscaux et postaux. Depuis 2004, le système d'aide à la presse hebdomadaire régionale, jusque-là réservé aux publications en langue française, a en outre été étendu aux "langues régionales en usage en France". Dans le domaine de l'audiovisuel, la loi du 1er août 2000 relative à la liberté de communication précise que les sociétés chargées de missions de service public doivent mettre en valeur le patrimoine culturel et linguistique dans sa diversité régionale et locale. Les cahiers des charges de Radio France, de RFO et de France 3 prévoient ainsi que ces sociétés contribuent à l'expression des langues régionales. Plusieurs députés du groupe UMP ... Il reste des progrès à faire! MmeChristine Albanel, ministre de la culture ... Chaque jour, plusieurs centaines de programmes sont diffusés sur le territoire français dans une dizaine de langues régionales, notamment outre-mer. La présence des langues régionales peut aller de quelques minutes à plusieurs heures par jour, selon les langues, les chaînes ou les stations et selon le type de média. Toutefois, comme le Président de la République l'a indiqué, le temps accordé aux langues régionales dans l'audiovisuel public reste trop faible. C'est d'ailleurs une des principales doléances dont on vous fait part. Pour ma part, je veillerai à ce que les obligations du service public soient honorées. Le rattachement de la direction des médias à mon département devrait aller dans ce sens. La création d'une délégation générale à la langue française et aux langues de France, en 2001, témoigne de notre volonté de mener durablement une politique équilibrée, tenant compte de la pluralité des langues parlées sur notre territoire. L'ancrage de notre politique linguistique au sein même de notre politique culturelle invite d'ailleurs à considérer les langues non pas comme de simples outils de communication, mais comme la source d'inspiration d'œuvres de l'esprit. C'est pourquoi l'État soutient des œuvres qui, loin de tout folklore, consolident la place des langues de France dans notre paysage culturel. Le livre est évidemment le principal support de diffusion culturelle. En aidant l'édition et la traduction d'ouvrages en langues régionales, le ministère de la culture contribue à diffuser des littératures encore méconnues et des œuvres majeures de notre patrimoine. Autres modes d'expression privilégiés: le théâtre et la chanson ... je songe par exemple au Théâtre de la Rampe, une scène occitane très dynamique, ou au succès du site internet "Langues de France en chansons". Dans dix jours, la "Nuit des musées" s'ouvrira pour la première fois aux langues régionales, de l'Alsace au Pays basque et au Midi, et permettra au public de mieux prendre la mesure de notre diversité linguistique qu'illustrent également de très nombreux festivals où émergent de nouveaux talents. Je pense en particulier à "Vibrations caraïbes" et "Influences caraïbes", où s'exprime la créativité des artistes créoles de France. Enfin, n'oublions pas le cinéma: Sempre vivu, de Robin Renucci, a été partiellement réalisé en langue corse, et un film récemment plébiscité par le public a témoigné de l'attachement de nos concitoyens aux langues régionales ... car chacun le sait, le ch'ti est du picard! J'attache une importance particulière à la recherche dans le domaine des langues régionales. Le CNRS participe ainsi à la publication d'un catalogue unique de fonds sonores en langues de France sur le site "Corpus de la parole". La transmission des langues régionales s'appuie sur l'école, sur les médias et sur la création artistique. Pour autant, leur vitalité ne peut durer que si elles sont employées dans la vie quotidienne. À ce titre, leur usage dans l'espace public ne doit pas être négligé. La législation actuelle, bien que contraignante, leur offre une large visibilité ... et toutes les possibilités ne sont pas pleinement exploitées. Ainsi, les actes officiels des collectivités territoriales peuvent être publiés en langue régionale ... pourvu qu'ils soient traduits du français, seule langue ayant valeur juridique. De même, il est parfaitement légitime que les communes affichent leur toponyme en deux langues à l'entrée et à la sortie de leur territoire, ou que la signalisation routière soit bilingue. Qu'y a-t-il de choquant à s'orienter grâce à des panneaux bilingues en Bretagne ou, dans ma ville de Toulouse, à lire le nom de la Place du Capitole en occitan? Dans tous ces domaines, la France a nettement dépassé les objectifs énoncés dans la Charte européenne des langues régionales, signée par le Gouvernement en 1999 mais non encore ratifiée, pour les raisons que vous savez et sur lesquelles nous reviendrons. L'État ne peut pas être le seul à valoriser les langues régionales. L'avenir de celles-ci appartient d'abord aux citoyens: libre à eux d'exprimer sous quel régime linguistique ils entendent vivre. Aujourd'hui, une grande majorité de Français semblent souhaiter la reconnaissance des langues régionales et leur coexistence dans le cadre d'un plurilinguisme interne. Encore faut-il que les pouvoirs publics organisent les conditions de ce plurilinguisme. Les collectivités territoriales doivent être associées à cet effort. Elles peuvent d'ores et déjà signer avec l'État des conventions en matière d'enseignement, ou avec des instances de promotion des langues telles que l'Office de la langue bretonne... M.François Goulard ... Un instrument remarquable! MmeChristine Albanel, ministre de la culture ... ...l'Office public de la langue basque, ou encore l'Académie des langues kanaques et le Centre interrégional de développement de l'occitan. Au cours de son histoire, le français n'a cessé de s'enrichir au contact des autres langues de France avec lesquelles il a échangé des milliers de vocables. Notre politique linguistique autorise désormais la France à se prononcer en faveur du plurilinguisme à l'échelle européenne. Les langues régionales, en effet, sont une mise à l'épreuve concrète de la démocratie culturelle. Elles sont le laboratoire où nous pouvons nous penser tels que nous sommes et accepter, dans toutes ses implications, la diversité culturelle d'une France politiquement unie. Nous nous sommes parfois opposés, dans cet hémicycle, quant à la place des langues régionales dans notre société. Ce débat traverse d'ailleurs l'ensemble des familles politiques, car la langue est une composante essentielle de notre identité, qui touche au plus intime de nos convictions. J'espère qu'il sera conduit avec sérénité, et dans le respect des sensibilités de chacun (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et du groupe NC)." Mercredi 7 mai 2008.